Le lancement du pass’sport 2 jours avant le pass culture par le président de la République Emmanuel Macron était-il un passage obligé pour faire taire les critiques envers un dispositif moins avantageux, en tout cas moins généreux : 100 M€ / 240 M€. L’absence de parallélisme au moins sur les montants entre les 2 dispositifs peut paraitre provocant. Mais finalement le monde du sport ne récolte t il pas là ce qu’il a semé depuis plusieurs décennies.
En effet le mouvement sportif n’a jamais été capable de peser
politiquement, de créer un rapport de force contrairement à la culture. Et c’est un paradoxe.
Le mouvement sportif est structuré organisé avec à sa tête un comité
olympique qui regroupe 108 fédérations, 160000 clubs 16 millions de
licenciés. Pas une prise de parole d’un représentant du mouvement
sportif sans que ces chiffres ne soient rappelés. De l’autre le monde de
la culture, totalement éclaté sans organisation verticale, sans
structure fédératrice mais qui, au final pèse beaucoup plus que le
sport. T Rey d’ailleurs l’a bien compris lui qui veut faire de
l’élection à la présidence du CNOSF une élection politique.
Le sport ne fait pas l’opinion, la culture oui
Le monde du sport passe son temps à s’opposer. Sport licencié /
sport non licencié ; Fédérations délégataires / fédérations affinitaires
; Sport /APS / EPS ; Sport amateur / sport professionnel ; sport qui
se pratique / sport qui se regarde ; Sport en club / sport hors club.
D’ailleurs que ce soit l’Etat, le mouvement sportif ou les collectivités
territoriales et aujourd’hui le monde économique, chacun défend sa
capacité à répondre à tous les enjeux du sport, à satisfaire tous les
publics et toutes les formes de pratiques sportives.
A force de vouloir répondre à tous les enjeux de la société :
éducatif, social, intégration, identité, notoriété, économique,
développement durable, écologie, santé, bien être, prévention des
violence, lutte contre les incivilité, paritarisme, le sport s’est perdu.
Les
acteurs de la culture eux se reconnaissent quelle que soit la nature de
leur expression la finalité de leur action. Les acteurs de la culture
font de la culture …. sans devoir se légitimer.
La culture fait partie du patrimoine national, du prestige français ça ne se discute pas
Le sport doit toujours justifier son utilité.
Quand est-ce que les dirigeants sportifs prendront conscience que
leur survie dépend de leur capacité de s’adresser aux français et non à
leurs licenciés ou à leurs organisations ? L’enjeu ce n’est pas la
campagne pour la maîtrise du CNOSF L’enjeu c’est la pratique sportive
des français ! (C’est pour cette raison que nous avions proposé lors du
chantier gouvernance du sport le 5 mars 2018 une licence universelle, un
passeport sportif dès l’entrée au CP avec un numéro de licence à vie,
avec sa carrière sportive, ses expériences de bénévole, ses formations,
son carnet médical. Libre à chacun de l’utiliser ou pas)
Ce
qui manque au sport c’est un projet qui le dépasse sur lequel une
politique publique pourrait s’appuyer. Ce bien communs nous avions
imaginé qu’il soit construit au sein de l’agence nationale du sport par les acteurs eux mêmes.
Si la coupe d’Europe de foot et les JO rassemblent pour le spectacle qu’ils offrent ! donc c’est de la culture.
Et si on dépassait la santé par le sport (trop connoté prévention de la vieillesse) pour promouvoir le sport comme une hygiène de vie à tout âge. Ça devrait dire quelque chose aux millions d’anciens confinés.
Robert Marchand est décédé. Il a amélioré son record de l’heure à 102 ans …tout n’est donc pas perdu pour les millions de français sédentaires
Alors avec ou sans coupon et autres pass’sports.
Bougeons nos muscles et nos neurones. Sport et culture réconciliés (avant 2024 ?) : ça serait beau !*
A lire notre édito Le pass’sport une bonne nouvelle pour le mouvement sportif ?
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